Ensemble de deux certificats manuscrits signés par l’amiral Denis Decrès, ministre de la Marine sous le Consulat et l’Empire.
Documents officiels rares, délivrés à Paris en Vendémiaire An XIII (octobre 1804) et Fructidor An XII (septembre 1804), témoignant de la gestion administrative et des carrières maritimes sous Napoléon.
1. Certificat du 18 Vendémiaire An XIII
Decrès atteste la longue carrière du Sieur Jean Nicolas Deverger, commis de 1ʳᵉ classe à la 4ᵉ division. Le document précise qu’il a débuté en 1763 dans l’Administration générale des Vivres de la Marine au port de Rochefort, où il a servi jusqu’au 8 novembre 1792, avant d’intégrer les bureaux du ministère de la Marine, où il exerce encore à la date du certificat. Une pièce remarquable retraçant plus de quarante ans de service, couvrant l’Ancien Régime, la Révolution et le Consulat.
2. Certificat du 16 Fructidor An XII
Decrès certifie la situation du Sieur Jean-Baptiste Terras, ancien capitaine de vaisseau de 1ʳᵉ classe, né à Toulon en 1757.Le document détaille son inclusion dans le 4ᵉ état de pension converti en solde de retraite, calculée sur 29 ans, 9 mois et 21 jours de service, auxquels s’ajoutent 9 ans, 10 mois et 19 jours de bénéfice de campagne en mer, en temps de paix comme de guerre.
Un témoignage précieux sur les carrières navales et les systèmes de retraite sous le régime napoléonien.
Intérêt de l’ensemble
Ces deux certificats, rédigés et signés par l’un des plus hauts responsables de la Marine impériale, offrent un aperçu rare et authentique de l’administration maritime au tournant du XIXᵉ siècle. Ils mettent en lumière deux parcours très différents :
celui d’un commis ayant traversé trois régimes politiques,
celui d’un officier de haut rang dont la carrière est minutieusement comptabilisée pour sa retraite.
Un lot idéal pour les collectionneurs de documents napoléoniens, d’histoire maritime ou d’archives administratives anciennes.
prix de vente: 90 euros le certificat
Le Sieur Jean-Baptiste Terras est le récipiendaire ou le sujet direct des documents d'époque. L'utilisation du terme « Sieur » combinée à la signature de l'amiral Decrès confirme qu'il s'agit d'un brevet officiel, d'un certificat de service, d'une pension ou d'une commission maritime délivrée sous le Consulat ou le Premier Empire (entre 1801 et 1814).
- Conférer un grade ou une fonction : Confirmer la nomination du Sieur Jean-Baptiste Terras à un poste d'officier de santé, de commissaire de marine, de capitaine de commerce ou d'officier sur les vaisseaux de Sa Majesté.
- Octroyer un congé ou une retraite : Attester de ses années de service à la mer pour lui ouvrir droit à une solde ou une pension sur les fonds de la Marine.
- Certifier une action de guerre : Reconnaître sa présence lors d'une campagne navale spécifique ou sa libération après avoir été prisonnier des pontons anglais.
⭐ Denis Decrès (1761‑1820)
Vice‑Amiral, ministre de la Marine et des Colonies du Consulat et de l’Empire
🌊 Origines et vocation maritime
Denis Decrès naît le 7 juin 1761 à Chaumont, dans une famille bourgeoise provinciale. Rien ne le prédestinait à devenir l’un des piliers de la Marine napoléonienne, sinon une passion précoce pour la mer. À 15 ans, il entre dans la Marine royale,
au moment où la France s’apprête à soutenir les insurgés américains.
Il sert dans la guerre d’Indépendance américaine, découvre le combat naval, et se forge une réputation de discipline, de sang‑froid et d’efficacité.
⚓ Un officier qui traverse la Révolution
La Révolution décime le corps des officiers de marine.
Decrès, lui, reste. Il survit aux purges, continue à naviguer, commande plusieurs bâtiments et devient un professionnel solide, apprécié pour son sérieux et son absence d’intrigues politiques.
C’est un marin de métier, pas un tribun.
🔥 L’épisode fondateur : Aboukir (1798)
En 1798, il commande la frégate Diane dans l’expédition d’Égypte. La flotte française est détruite par Nelson à Aboukir. Decrès accomplit alors un exploit : il sauve sa frégate, échappe à la destruction, et ramène son
bâtiment en France.
Bonaparte, qui repère toujours les hommes fiables, le remarque. Cet épisode fait entrer Decrès dans le cercle des officiers sûrs du futur Premier Consul.
🏛️ Ministre de la Marine et des Colonies (1801–1814)
En 1801, Bonaparte le nomme ministre de la Marine et des Colonies. Il le restera treize ans, un record absolu.
Ce qu’il apporte :
une administration rigoureuse,
une gestion précise des équipages,
une réorganisation des ports,
un suivi strict des officiers,
une correspondance abondante
Decrès n’est pas un marin flamboyant : 👉 c’est un organisateur, un technicien, un administrateur infatigable. Napoléon l’apprécie pour sa loyauté et son sérieux
🚢 Un ministre dans une époque impossible
Il faut le dire clairement : Decrès dirige la Marine dans la pire période possible.
Trafalgar (1805),
domination totale de la Royal Navy,
pertes coloniales,
blocus continental,
impossibilité de reconstruire une flotte.Il fait ce qu’il peut, avec ce qu’il a. Napoléon lui reproche parfois son manque d’audace, mais le garde
: 👉 Decrès est fiable, honnête, travailleur.
🎖️ Titres et honneurs
Sous l’Empire, il devient :
Vice‑Amiral,
Grand Officier de la Légion d’honneur,
Inspecteur général des côtes de la Méditerranée,
Pair de France.
Ses signatures — incarnent l’administration navale napoléonienne dans ce qu’elle a de plus structuré.





Aucun commentaire:
Enregistrer un commentaire