lettre autographe signée adressée à l'amiral Bruix commandant en chef de l'armée navale
de Brest le 10 brumaire de l'An 8
j'ai reçu général l'honneur de la votre en date du 14 brumaire et qui m'est parvenue que le 2 déc courant vous me recommander le citoyen Charles Duverger pilotin alors embarqué sur le Républicain l'équipage de ce vaisseau ayant été mis en subsistance sur divers batimens de la rade ,ce jeune homme s'est trouvé passé à bord du Dix aout capitaine Beryeret qui d'apeés les informations que je lui ai demandé m'a dit qu'il était malade et couvert d'une gale affreuse il se trouve sans vétements et dans une profonde misére d'aprés ce rapport ,je l'ai fait mettre à l'hopital il conviendrait que sa famille fisse passer ici quelqu'un des secours pour les lui remettre et l'oter par la de l'état d'abandon dans lequel il se trouve
prix 210 euros. Napoleon et la mer,documents maritimes
Rare document d’époque révolutionnaire, daté de Brest, le 10 brumaire An VIII (1er novembre 1799), témoignant de la dure réalité de la vie maritime sous le Directoire.
Le signataire répond à une recommandation concernant le citoyen Charles Duverger, jeune pilotin alors embarqué sur le vaisseau Le Républicain. Après la dispersion de l’équipage sur divers bâtiments de la rade, Duverger est transféré à bord du Dix-Août, commandé par le capitaine Beryeret. Celui-ci rapporte que le jeune marin est gravement malade, couvert d’une “gale affreuse”, sans vêtements et dans une profonde misère.
Face à cette situation alarmante, l’auteur du courrier ordonne son hospitalisation immédiate et recommande que la famille envoie rapidement quelqu’un pour lui apporter des secours, afin de le tirer de l’état d’abandon dans lequel il se trouve.
Un document poignant, authentique et très représentatif des conditions de vie des marins de la fin du XVIIIᵉ siècle. Pièce idéale pour collectionneur d’histoire maritime, de la Révolution ou du Directoire.

Jacques Bedout, né à Québec le 13 janvier 1751, mort à Pauillac le 17 avril 1818, fut l’un des plus brillants officiers de marine nés en Amérique du Nord, devenu contre‑amiral de la Marine française sous la Révolution et le Consulat. Marin précoce, navigateur infatigable, chef d’escadre solide, il participa aux grandes opérations navales de la fin du XVIIIᵉ siècle et du début du XIXᵉ.
🌊 Origines et jeunesse maritime
Fils de Jean‑Antoine Bedout, négociant et membre du Conseil supérieur de Québec, et de Françoise Barolet, Jacques Bedout grandit dans un milieu où le commerce maritime était omniprésent. Dès 1763, à seulement 12 ans, il embarqua comme mousse sur des navires marchands. Pendant 13 ans, il effectua 16 traversées vers :
Amérique Angleterre Antilles France Côtes de Guinée Ces voyages lui donnèrent une connaissance exceptionnelle des mers et une solide expérience de la navigation.
l gravit rapidement les échelons :Sous‑lieutenant en 1768 Lieutenant en 1770 Capitaine en 1772
⚓ Carrière dans la Marine française
Ascension sous la Révolution
La Révolution française ouvrit les portes de la Marine nationale à des officiers expérimentés. Bedout, marin aguerri, y trouva sa place. Le 12 avril 1798, il fut promu contre‑amiral.
Campagne de 1799 – Escadre Bruix
En 1799, il reçut le commandement de la 2ᵉ escadre, pavillon sur le Républicain, sous les ordres de l’amiral Eustache Bruix.
La flotte :quitta Brest en avril,gagna Toulon,
ravitailla l’armée d’Italie à Gênes,revint à Brest en juillet sans rencontrer l’ennemi.
Une mission parfaitement exécutée, malgré l’absence d’action navale.
Lorient → Rochefort (novembre 1799)
Bedout prit ensuite le commandement d’une escadre de 5 vaisseaux et 3 frégates, destinée à protéger la façade atlantique contre une attaque britannique. Relevé par l’amiral Denis Decrès, il proposa sa démission — refusée, signe de la confiance que lui portait le gouvernement.
Sous le Consulat : la grande mission de Saint‑Domingue (1802–1803)
En octobre 1802, Napoléon Bonaparte lui confia une mission majeure : commander une escadre de 5 vaisseaux, pavillon sur l’Argonaute, pour transporter 5 000 soldats polonais à Saint‑Domingue.
Bedout :quitta Brest en janvier 1803,embarqua les troupes à Gênes,les transporta aux Antilles,reprit la route de l’Europe.Durant le retour, son escadre :
captura un corsaire britannique,en détruisit un second.
Mais Bedout, épuisé par la maladie, dut débarquer à El Ferrol (Espagne) en novembre 1803 et renoncer au commandement.
👨👩👧👦 Vie personnelle
Jacques Bedout se maria deux foisprobablement à Saint‑Domingue avec Marie‑Jeanne Daigre,
puis le 31 mai 1804, à Bordeaux, avec Jeanne Pécholier, née Lafont.Aucun enfant ne naquit de ces unions
🕊️ Fin de vie
Affaibli par les maladies contractées lors de ses campagnes, Bedout se retira à Pauillac, où il mourut le 17 avril 1818.
⭐ Importance historique
L’un des rares officiers supérieurs de la Marine française nés en Amérique du Nord.
Navigateur exceptionnel, formé dans la marine marchande.
Chef d’escadre fiable, apprécié de ses supérieurs.Acteur des grandes opérations navales du Consulat.Figure emblématique des marins canadiens passés au service de la France.

La date de naissance exacte du contre-amiral Jacques Bedout est le 13 janvier 1751 (et non 1781). Sa lettre autographe signée du 10 brumaire an VIII (1er novembre 1799) adressée à l'amiral Bruix à Brest s'inscrit dans les préparatifs militaires de la fin du Directoire, juste avant le coup d'État du 18 Brumaire.

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