VILLARET JOYEUSE.
Fort de France le 23 mars 1804
Il vient de m'arriver mon cher général trois bricks de rochefort ayant cinquente et quelque hommes chacun Le détachement du pilade étant destiné pour le 66 ém régiment je vous le ferai passer à la première occasion favorable quoique s s e mauthevy ve le garder ,avec des modifications que je ne puis vous transmettre parceque je n'ai pas assez confiance dans le bâtiment neutre qui assure aller à la Guadeloupe ,le premier brick que je vous expédirai vous portera une des trois dépèches du ministre adressées aux capitaines généraux de la martinique et de la guadeloupe la prudence ne me permet pas d'entrer dans le plus petit détail sur le contenu de la dépèche qui d'ailleurs nexige nulle nouvelle mesure de notre part.
j'attends avec bien de l'impatience des nouvelles de chenievres pour connaitre les forces et la position de l'ennemy dans le canal de la guadeloupe
adieu mon cher général je vous embrasse
Villaret prix
Lettre signée de l’amiral Villaret‑Joyeuse – Fort‑de‑France, 23 mars 1804
Rare lettre manuscrite signée de Villaret‑Joyeuse, grande figure de la Marine française, alors en poste aux Antilles durant les dernières années du Consulat. Datée de Fort‑de‑France, le 23 mars 1804, elle offre un témoignage direct sur les mouvements de troupes, les communications militaires et les tensions stratégiques dans les îles françaises des Caraïbes.
Villaret‑Joyeuse informe son correspondant, le général, de l’arrivée de trois bricks venus de Rochefort, chacun transportant une cinquantaine d’hommes. Il précise que le détachement du Pilade, destiné au 66ᵉ régiment, sera transmis dès qu’une occasion sûre se présentera — malgré les réticences du commandant Mauthevy, qui souhaiterait le conserver.
L’amiral évoque ensuite les dépêches du ministre, dont une doit être remise aux capitaines généraux de Martinique et de Guadeloupe. Il souligne qu’il ne peut en communiquer le contenu, faute de confiance dans le bâtiment neutre censé se rendre à la Guadeloupe. La prudence est donc de rigueur : « la dépêche n’exige d’ailleurs nulle nouvelle mesure de notre part ».
Enfin, Villaret‑Joyeuse exprime son impatience de recevoir des nouvelles de Chenievres, afin de connaître les forces et la position de l’ennemi dans le canal de la Guadeloupe. La lettre se clôt sur une formule personnelle et chaleureuse : « je vous embrasse ».
Document authentique, signé, révélant la situation militaire tendue aux Antilles

Aucun commentaire:
Enregistrer un commentaire