Intéressant imprimé de 1791, contenant l’opinion de Moreau de Saint‑Méry, député de la Martinique, présentée à l’Assemblée nationale au sujet de l’organisation du ministère. Dans ce texte, le député défend la nécessité de réunir en un seul département le ministère de la Marine et celui des Colonies, estimant que leurs missions, leurs intérêts et leurs responsabilités sont indissociables.
Moreau de Saint‑Méry expose les arguments administratifs et politiques qui justifient cette fusion, soulignant qu’une direction unique permettrait une meilleure cohérence des décisions, une gestionplus efficace des forces navales et une administration plus rationnelle des possessions françaises d’outre‑mer. L’Assemblée nationale adopta cette mesure le 9 avril 1791, ce qui fait de ce document un témoignage direct de la réorganisation institutionnelle opérée au début de la Révolution.
Intérêt historique
Texte signé par Moreau de Saint‑Méry, figure majeure des questions coloniales à la fin du XVIIIᵉ siècle.
Document révélateur des débats administratifs sur la gestion de la Marine et des Colonies.
Pièce importante pour comprendre la centralisation des pouvoirs maritimes et coloniaux en 1791.
Intéressant pour les collectionneurs de marine XVIIIᵉ, histoire coloniale, Révolution française et administration impériale.
Support
n‑8 broché, couverture en papier marbré.
28 pages, texte complet.
Bon état général.
Prix de vente : 50 euros La Marine sous Louis XVI
⚓ Biographie de Moreau de Saint‑Méry
Député de la Martinique à l’Assemblée constituante (1789‑1791)
Médéric Louis Élie Moreau de Saint‑Méry (1750‑1819) est l’une des figures les plus singulières et controversées de la Révolution française : juriste brillant, érudit passionné des Antilles, mais aussi défenseur acharné du système esclavagiste
🎓 Origines et formation
Né le 13 janvier 1750 à Fort‑Royal (Martinique) dans une famille créole originaire du Poitou, il perd son père très jeune. À 19 ans, il part pour Paris, s’engage dans les gendarmes du roi, étudie le droit et devient avocat au Parlement de Paris en 1771.
Après la mort de sa mère, il retourne aux Antilles et s’installe au Cap‑Français (Saint‑Domingue) où il devient membre du Conseil supérieur colonial. Il commence alors à rassembler une immense documentation sur l’histoire des Antilles et publie ses premières études juridiques
📚 Érudit, historien et homme des Lumières
Moreau de Saint‑Méry est un collecteur infatigable de documents, un archiviste avant l’heure, un scientifique colonial influencé par les Lumières. Il fonde avec Pilâtre de Rozier le Musée de Paris, société savante très active.
Son œuvre majeure :
Lois et constitutions des colonies françaises de l’Amérique sous le vent,
et surtout sa Description de la partie française de Saint‑Domingue, où il développe une théorie arithmétique du métissage (128 combinaisons de “couleurs”). Ces travaux, aujourd’hui essentiels pour l’histoire des Antilles, témoignent aussi de son adhésion au système esclavagiste et à une vision hiérarchisée des populations.
🏛️ Acteur de la Révolution française
Revenu à Paris en 1788, il s’engage dans la vie politique :
Président des électeurs de Paris en juillet 1789 ;
Il harangue Louis XVI à deux reprises ;
Il participe à l’organisation du 14 juillet 1789 ;
Le 18 septembre 1789, il est élu député de la Martinique à l’Assemblée constituante.
À l’Assemblée, il devient la voix des planteurs esclavagistes :
Il s’oppose aux revendications des hommes libres de couleur (notamment Julien Raimond).
Il défend la ségrégation juridique et la pérennité de l’esclavage.
Il contribue au décret du 13 mai 1791, qui confirme constitutionnellement l’esclavage dans les colonies.
Son hostilité à la radicalisation révolutionnaire lui vaut menaces et agressions ; blessé peu avant le 10 août 1792, il doit fuir.
🌎 Exil aux États‑Unis
Arrêté puis relâché, il gagne les États‑Unis où il fonde à Philadelphie une librairie‑imprimerie consacrée à ses travaux sur les Antilles. Il est élu membre de l’American Philosophical Society en 1789
Retour en France et fin de carrière
Rentré avant le Consulat, il devient :
Historiographe de la Marine,
Conseiller d’État (1799),
Puis administrateur général des duchés de Parme, Plaisance et Guastalla (1802). Il meurt à Paris le 28 janvier 1819.
Moreau de Saint‑Méry fut à la fois :
un juriste érudit,
un historien majeur des Antilles,
un acteur de la Révolution,
et l’un des principaux défenseurs du système esclavagiste au sein de l’Assemblée constituante.
Figure complexe, indispensable pour comprendre la politique coloniale de la France révolutionnaire.

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