lundi 24 août 2026

⚓ Décret de la Convention nationale n°1581 — 15 septembre 1793 Interprétation des articles V et XVIII du Code pénal de la marine (22 août 1790)

 

 Décret de la Convention nationale n°1581 — 15 septembre 1793  Interprétation des articles V et XVIII du Code pénal de la marine (22 août 1790)

En ce 15 septembre 1793, au cœur de l’an II, la Convention nationale se penche sur une question très précise mais essentielle pour la vie militaire : l’avenir des sous‑officiers et officiers de marine condamnés à une réduction de grade ou de soldeUn sujet technique, certes, mais révélateur de la manière dont la République entend gérer la discipline… sans briser définitivement les carrières.

🔍 Une pétition qui déclenche tout

À l’origine du décret : la pétition de J.-B. Kerdrain, enseigne non entretenu de la marine. Son cas met en lumière une ambiguïté dans le Code pénal de la marine du 22 août 1790, notamment dans ses articles V et XVIII du titre II. Ces articles prévoyaient des peines disciplinaires, mais ne disaient pas clairement si un marin puni pouvait ensuite retrouver l’avancement, soit au choix, soit à l’ancienneté.Kerdrain demande une clarification.

La Convention accepte.

⚖️ Le décret : une interprétation qui change tout

Après examen par les comités de législation et de marine réunis, la Convention tranche :

Les sous‑officiers et officiers de marine condamnés à une réduction de grade ou de solde, une fois la peine subie, restent pleinement susceptibles d’avancement, comme n’importe quel autre employé de la marine. Autrement dit :

La sanction n’efface pas la carrière. Elle punit, mais ne condamne pas à l’immobilité.

C’est une vision très républicaine de la discipline : on corrige, mais on ne détruit pas.

🌊 Un geste politique autant que militaire

En pleine guerre maritime contre l’Angleterre et l’Espagne, la République a besoin :

  • de marins compétents, d’officiers expérimentés, de cadres capables de reprendre leur place après une faute.

Ce décret évite que des officiers sanctionnés — parfois pour des fautes mineures — soient définitivement exclus de l’avancement. Il protège la ressource humaine navale, indispensable dans un moment où chaque vaisseau, chaque équipage, chaque officier compte.

📜 Intérêt historique du document

Ce texte est typique de l’an II :précision juridique,volonté de maintenir la discipline,mais aussi souci de préserver les compétences dans la marine.

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