⚓ Décret de la Convention nationale n°2154 — 14 pluviôse an II Conduite imposée aux commandants des vaisseaux français face à l’ennemi..
.En ce 14ᵉ jour de pluviôse an II (2 février 1794), la Convention nationale adopte un décret d’une sévérité extrême, destiné à encadrer la conduite des capitaines et officiers de la Marine républicaine lorsqu’ils se trouvent face à des vaisseaux ennemis. Nous sommes en pleine période de la Terreur : la discipline militaire devient une question de salut public.
🛑 Article premier — La reddition assimilée à la trahison
Le texte est d’une dureté sans précédent :
Le capitaine et les officiers des vaisseaux de ligne de la République, qui auront amené le pavillon national devant des vaisseaux ennemis, quel qu’en soit le nombre, seront déclarés traîtres à la patrie et punis de mort.
Seule exception :
si le vaisseau est si gravement endommagé qu’il risque de couler bas,et qu’il ne reste que le temps de sauver l’équipage.La reddition, dans tout autre cas, devient un acte de trahison.
⚓ Article II — Même peine pour les frégates et bâtiments légers
Les capitaines de frégates, corvettes et autres bâtiments légers sont soumis à la même règle :
Ils seront punis de mort s’ils se rendent à une force qui ne serait pas double de la leur, et sans avoir subi les mêmes avaries.
La République exige une résistance jusqu’à l’extrême limite.
🎖️ Article III — Récompenses pour les prises héroïques
À l’inverse, le décret prévoit des récompenses pour les actions d’éclat :Si un vaisseau de la République capture un navire ennemi d’une force supérieure d’au moins un tiers,un rapport est transmis au ministre de la Marine,
les auteurs des actions héroïques sont avancés en grade ou en solde,et l’équipage reçoit 300 livres par canon du navire capturé.
🌒 Conclusion — Un décret de guerre, sous l’ombre de la Terreur
Ce décret n°2154 illustre la tension extrême de l’an II : la République exige une résistance absolue, et la moindre reddition devient un crime capital. Sous l’apparence d’une discipline militaire, on devine la logique implacable d’une époque où le courage était exalté, mais où la peur de la dénonciation et de la mort pesait sur chaque décision de commandement. La Marine républicaine se construit dans la lumière de l’héroïsme… et dans l’ombre d’une rigueur parfois fatale. decrets de la convention nationale-decrets-maritimes-de-la convention nationale-decret convention nationale

Aucun commentaire:
Enregistrer un commentaire