Amiral Amédée‑Prosper Courbet (1827–1885)
Né le 26 avril 1827 à Abbeville, Amédée‑Prosper Courbet appartient à cette génération d’officiers formés dans le sillage de la Monarchie de Juillet, nourris d’une culture de discipline, de science nautique et d’un sens aigu du devoir. Entré très jeune dans la Marine, il gravit les échelons avec une régularité exemplaire : travailleur, méthodique, apprécié de ses supérieurs pour son calme et sa précision.
Un marin de métier avant d’être un chef de guerre
Courbet passe par les étapes classiques de la carrière : campagnes en Méditerranée, missions hydrographiques, service dans les escadres d’Extrême‑Orient. Il se distingue par une solide compétence technique, notamment dans la navigation et la conduite des opérations combinées. Son style : peu de grands discours, mais une efficacité constante. Ses hommes le décrivent comme ferme, juste, sans emphase, un commandant qui inspire confiance.
La guerre du Tonkin : l’épreuve décisive
C’est en Extrême‑Orient, au cœur de la campagne du Tonkin, que Courbet devient une figure majeure de la Marine française. En 1883‑1884, la France affronte les troupes chinoises et les forces du général vietnamien Liu Yongfu. Courbet, alors contre‑amiral, reçoit le commandement de la Division navale du Tonkin.
Bac‑Ninh (mars 1884)
Courbet joue un rôle essentiel dans la prise de Bac‑Ninh, opération décisive qui ouvre la route du
Fleuve Rouge. Il coordonne les troupes de débarquement, les mouvements des canonnières et l’appui naval. Ses lettres — comme celles que tu vends, Claude — montrent un chef lucide, conscient des enjeux politiques, mais déterminé à mener ses opérations avec rigueur.
Fou‑Tchéou (Fuzhou) – août 1884
L’un des épisodes les plus célèbres de sa carrière : la destruction de la flotte chinoise à Fou‑Tchéou, victoire foudroyante obtenue en quelques minutes. Courbet y révèle un sens tactique exceptionnel :
attaque surprise,
emploi optimal des torpilleurs,
coordination parfaite des bâtiments.
Cette victoire fait de lui un héros national.
Port‑Arthur et la mer de Chine
Courbet poursuit ensuite ses opérations contre les positions chinoises, notamment autour de Port‑Arthur, consolidant la supériorité française en mer de Chine.
Le commandement de l’escadre d’Extrême‑Orient
À bord du cuirassé Bayard, son navire amiral, Courbet dirige l’ensemble des forces navales françaises en Extrême‑Orient. Le Bayard devient un symbole : c’est là qu’il écrit de nombreuses lettres à ses officiers, dont celles adressées au vice‑amiral Caillard, où transparaissent ses préoccupations stratégiques, ses encouragements, et parfois ses doutes face aux hésitations politiques de Paris.
Une fin de carrière abrupte
Épuisé par les campagnes, Courbet tombe malade au printemps 1885. Il meurt le 11 juin 1885 à Tay‑Hoa, au Tonkin, en pleine mission. Sa disparition provoque une émotion considérable : la France perd l’un de ses plus brillants chefs de mer du XIXᵉ siècle.
Héritage
Stratège audacieux mais prudent.
Artisan de la victoire de Fou‑Tchéou.
Figure centrale de la conquête du Tonkin.
Chef respecté, admiré pour son sens du devoir et son humanité.
Son nom est aujourd’hui porté par plusieurs bâtiments, rues et monuments, et demeure associé à l’âge d’or de la Marine française

Amiral Amédée‑Prosper Courbet (1827–1885)
**2 lettres autographes signées – À bord du Bayard
Tonkin – 1884**
Adresses au vice‑amiral Caillard
Prix : 350 euros
Description
Ensemble de deux lettres autographes de l’amiral Amédée‑Prosper Courbet, écrites à bord du cuirassé BAYARD, son bâtiment de commandement durant la campagne du Tonkin.
1ʳᵉ lettre – 9 octobre 1884
En‑tête : Division navale du Tonkin Adressée au vice‑amiral Caillard, récemment décoré de la croix de commandeur du Cambodge.
Courbet y évoque :
La Légion d’honneur qu’il promet à Caillard, « bien méritée à Bac‑Ninh ».
Ses craintes de ne plus pouvoir « renouveler ses succès », en raison des politiques qui freinent les opérations.
Les objectifs envisagés : Foutcheou et Port‑Arthur, cités comme les prochaines possibilités d’action.
Lettre importante, révélant les tensions entre stratégie militaire et décisions politiques au cœur de la campagne du Tonkin.
2ᵉ lettre – 12 avril 1884
Toujours adressée au vice‑amiral Caillard.
Courbet y détaille :
Le rôle joué par le corps de débarquement dans les opérations contre Bac‑Ninh, épisode majeur de la campagne. Lettre opérationnelle, centrée sur l’action des troupes et la conduite des opérations.
Intérêt historique
Deux lettres autographes d’un des plus grands amiraux français du XIXᵉ siècle.
Documents écrits à bord du Bayard, bâtiment emblématique de la campagne du Tonkin.
Références directes à Bac‑Ninh, Foutcheou, Port‑Arthur, et aux décorations de Caillard.
Témoignages de première main sur les relations entre officiers supérieurs, les opérations navales, et les contraintes politiques de 1884.
Pièces idéales pour collectionneurs de marine militaire, Indochine, Tonkin, ou correspondances d’amiraux.
Support
2 lettres manuscrites, encre du XIXᵉ siècle, écriture lisible, ensemble homogène.
Prix de vente
350 euros La marine sous la Troisieme Republique,librairie maritime,documents maritimes
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