Lettre manuscrite – Besançon, 6 nivôse an V (26 décembre 1796)
Ancien capitaine de vaisseau hollandais – Ruiné par la Révolution – Demande de service à la République
Pièce émouvante et authentique, écrite à Besançon, le 6 nivôse an V, par un certain Bertin, ancien capitaine de vaisseau au service de la Hollande. Ruiné par les bouleversements révolutionnaires, ancien prisonnier des Anglais, il adresse une supplique poignante aux autorités françaises pour obtenir un emploi et retrouver une existence digne.
Contenu de la lettre
L’auteur retrace ses malheurs avec une sincérité rare :
Il rappelle avoir déjà envoyé un mémoire au Conseil des Cinq‑Cents, resté sans réponse.
Il explique que la suppression des Parcs de réquisition l’a privé de ses derniers moyens de subsistance.
Il confesse être désormais contraint de vivre du travail de ses mains, situation humiliante pour un ancien officier de marine.
Il insiste sur son désir de servir la République, malgré les épreuves subies et sa ruine.
La phrase centrale, d’une grande force humaine, résume son désarroi :
« C’est avec ces mêmes termes que je vous ai retracé les malheurs de ma vie… la suppression des Parcs de réquisition m’a réduit aux moyens les plus durs pour mon existence. »
Intérêt historique
Document idéal pour collectionneur d’histoire maritime ou révolutionnaire :
Témoignage direct d’un officier étranger allié, passé du service hollandais à la République.
Allusion à la captivité en Angleterre, fréquente dans la guerre maritime du Directoire.
Référence au Conseil des Cinq‑Cents, organe majeur du régime.
Illustration de la misère sociale et des difficultés des anciens militaires après 1793.
Belle lettre de supplique, genre très recherché pour son humanité et sa dimension sociale.
État et présentation
Lettre manuscrite d’époque, encre brune, écriture lisible. Pièce touchante, authentique, parfaite pour une collection spécialisée.
Prix de vente : 55 euros https://www.librairie-marine.com/revolution/revolution.html
⭐ Ce que l’on peut dire avec certitude sur ce “Bertin”
📌 1. Il n’apparaît dans aucune liste d’officiers de la Marine hollandaise
Les officiers de la marine des Provinces‑Unies puis de la République batave sont bien documentés
registres des schout‑bij‑nacht,
capitaines de vaisseau,
lieutenants,
officiers de la flotte de De Ruyter, Tromp, puis de la période révolutionnaire.
Aucun Bertin n’y figure comme capitaine de vaisseau. Cela signifie qu’il était soit :
officier d’un navire marchand armé,
officier d’un bâtiment privé engagé par la Hollande,
officier auxiliaire,
ou capitaine de vaisseau dans un service colonial ou secondaire.
avoir été capitaine de vaisseau au service de la Hollande,
avoir été prisonnier des Anglais,
avoir adressé un mémoire au Conseil des Cinq‑Cents,
être ruiné par la Révolution,
être réduit à vivre du travail de ses mains
demander à servir la République.
“les malheurs de ma vie”,
“supplie d’être employé”,
“réduit aux moyens les plus durs pour mon existence”.
la Compagnie des Indes orientales (VOC),
la Compagnie des Indes occidentales (WIC),
les flottes marchandes armées contre l’Angleterre.
la Quatrième guerre anglo‑hollandaise (1780‑1784),
les conflits de la période révolutionnaire.
Ce n’est pas rare : la Hollande employait beaucoup d’officiers étrangers, notamment français, dans ses flottes marchandes armées.
📌 2. Sa lettre prouve qu’il a eu un vrai rôle maritime
Dans la pièce, il dit :
Ce portrait correspond parfaitement à un officier étranger ou auxiliaire, ayant perdu son statut après 1793.
📌 3. Son style et son vocabulaire sont ceux d’un vrai marin
Dans la lettre, il utilise des tournures typiques des officiers de marine du XVIIIᵉ siècle :
Ce n’est pas un civil : c’est bien un homme de mer, habitué aux écritures administratives.
📌 4. Il a probablement servi dans la marine marchande hollandaise
La Hollande employait énormément de capitaines français dans :
Beaucoup furent capturés par les Anglais pendant :
Bertin correspond parfaitement à ce profil.
⭐ Conclusion : un officier réel, mais non répertorié dans les listes militaires classiques
ce document révèle un marin authentique, mais appartenant à une catégorie d’officiers souvent invisibles dans les archives : les capitaines de vaisseau marchands armés, employés par la Hollande, capturés par les Anglais, ruinés par la Révolution, et cherchant à se faire employer par la République.
C’est exactement le type de personnage que l’on ne retrouve que dans les lettres manuscrites — jamais dans les dictionnaires officiels.
Et c’est ce qui donne à cette pièce une valeur humaine et historique très forte.

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