dimanche 26 juillet 2026

Ordre Royal et Militaire de Saint‑Louis Lettre autographe du comte Antoine de Gourdon Conférant la croix de Saint‑Louis au lieutenant de vaisseau Le Gall‑Kerven 4 mai 1817 –

 

Ordre Royal et Militaire de Saint‑Louis

Lettre autographe du comte Antoine de Gourdon

Conférant la croix de Saint‑Louis au lieutenant de vaisseau Le Gall‑Kerven

4 mai 1817 – Encadré – 230 euros

Superbe lettre autographe du comte Antoine‑Louis de Gourdon, contre‑amiral, commandant la Marine au port et département de Brest, commandeur de l’Ordre Royal et Militaire de Saint‑Louis et commandeur de la Légion d’honneur. Pièce prestigieuse, directement liée à l’attribution d’une des plus hautes décorations de la monarchie française.

Contenu du document

Le comte de Gourdon certifie que :

  • en vertu des ordres du Roi,

    • le 25 avril 1817,

    • il a conféré la croix de l’Ordre Royal et Militaire de Saint‑Louis à Pierre‑Jean‑Marie Le Gall‑Kerven, lieutenant de vaisseau de Sa Majesté,

    • après avoir reçu de lui le serment requis.

    Cette lettre est entièrement autographe, ce qui lui donne une valeur historique et documentaire supérieure.

    Le fait d’armes du récipiendaire

    Le Gall‑Kerven est connu pour avoir sauvé son navire, Le Foudroyant, lors de l’affaire des brûlots de l’île de Ré (11–12 avril 1809) — épisode spectaculaire de la guerre navale contre l’Angleterre. Ce fait d’armes explique l’octroi de la croix de Saint‑Louis, distinction réservée aux officiers ayant rendu des services éclatants.

    Intérêt historique

    Pièce idéale pour collectionneur spécialisé dans :

  • Marine royale sous la Restauration,

  • Ordre Royal et Militaire de Saint‑Louis,

  • Officiers décorés pour faits d’armes,

  • Contre‑amiral Gourdon, figure majeure de la marine française,

  • Épisodes navals de 1809, dont l’affaire des brûlots   Les lettres autographes de confération de la croix de Saint‑Louis sont rares, surtout lorsqu’elles concernent un officier ayant accompli un acte de bravoure reconnu.

    État et présentation

    Lettre manuscrite, encre brune, écriture nette. Document encadré, prêt à exposer. Très belle présentation pour collection ou décoration murale.

    Prix de vente conseillé230 euroslibrairie maritime,la marine apres la chute de l Empire,librairie marine

     

    L’affaire des brûlots de l’île de Ré (11–12 avril 1809)

    Attaque britannique – brûlots lancés contre l’escadre française – Sauvetage du Foudroyant

    Épisode spectaculaire de la guerre navale entre la France et l’Angleterre, l’affaire des brûlots de l’île de Ré se déroule dans la nuit du 11 au 12 avril 1809, au large de la côte charentaise.

    Les Anglais, cherchant à détruire l’escadre française mouillée entre l’île de Ré et l’île d’Aix, utilisent une tactique redoutable :

    des brûlots, c’est‑à‑dire des navires chargés de matières inflammables, lancés à la dérive pour incendier les bâtiments français.

    Déroulement de l’attaque

  • Une flottille britannique approche de nuit.

    • Plusieurs brûlots sont dirigés vers les navires français ancrés dans une position difficile, avec peu de profondeur et peu de marge de manœuvre.

    • Le vent et le courant poussent les brûlots vers les vaisseaux français, menaçant de provoquer un désastre général.

    Les équipages français doivent réagir dans l’urgence : couper les câbles, remorquer les brûlots, les détourner, ou manœuvrer pour éviter l’incendie

    Le rôle du Foudroyant

    Le vaisseau Le Foudroyant, commandé par des officiers expérimentés, échappe à la destruction grâce à une manœuvre exceptionnelle. Le lieutenant de vaisseau Le Gall‑Kerven, ( la lettre de nomination à l’Ordre de Saint‑Louis, joue un rôle décisif dans ce sauvetage.)

    Il parvient à :

  • éviter l’impact des brûlots,

  • préserver le bâtiment,

  • maintenir l’ordre et la discipline dans une situation de panique,

    • et contribuer à empêcher une catastrophe qui aurait pu anéantir une partie de l’escadre.

    Ce fait d’armes est reconnu officiellement et explique l’attribution de la croix de Saint‑Louis en 1817.

    Le Foudroyant : un grand vaisseau de guerre français

    Vaisseau de 80 canons – Marine française (XVIIIᵉ–XIXᵉ siècle)

    Le Foudroyant est l’un des grands vaisseaux de ligne de la Marine française, un bâtiment de 80 canons, typique des unités lourdes destinées aux combats d’escadre. Il appartient à la catégorie des vaisseaux de 2ᵉ rang, capables de tenir la ligne de bataille et de soutenir un feu très puissant.

    Caractéristiques générales

  • Vaisseau de 80 canons,

  • Conçu pour les combats d’escadre,

  • Armement réparti sur deux ponts,

  • Équipage nombreux (plusieurs centaines d’hommes),

  • Bâtiment robuste, utilisé dans les grandes opérations navales de la période révolutionnaire et impériale.Ce type de vaisseau était l’épine dorsale de la flotte française : assez puissant pour affronter les 74 anglais, mais plus maniable que les énormes 118 canons.

    Le Foudroyant dans la campagne de 1809

    Le Foudroyant est surtout connu pour son rôle dans l’affaire des brûlots de l’île de Ré (11–12 avril 1809), un épisode spectaculaire de la guerre navale franco‑britannique.

    Biographie du comte Antoine‑Louis de Gourdon (1765‑1833)

    Vice‑amiral, marin d’Empire, préfet maritime, figure majeure de la marine française entre Louis XVI, la Révolution, l’Empire et la Restauration.

    Origines et formation

    Antoine‑Louis de Gourdon naît à Paris le 20 juillet 1765 . Fils de Jean‑Baptiste Louis Gourdon et de Marie‑Jeanne Françoise Boulanger , il est baptisé le jour même à Saint‑Eustache. Il entre aux gardes‑marine en 1780, à seulement 15 ans, débutant une carrière qui couvrira plus d’un demi‑siècle.

    Premières campagnes (1780‑1793)

    • Sert sur la frégate L’Aimable, participe à l’expédition contre les établissements anglais de Guyane (1782) .

    • Présent à la bataille des Saintes (12 avril 1782).

    • Fait prisonnier au large de Porto‑Rico le 19 avril 1782.

    • Multiplie les campagnes aux Antilles, en Méditerranée et à Saint‑Domingue.

    • Lieutenant de vaisseau en 1788.

    • Capitaine de vaisseau en 1793, mais destitué comme noble sous la Terreur, puis réintégré

    La Révolution et l’Empire : un marin fidèle à son bord

    • Contrairement à de nombreux officiers, Gourdon refuse d’émigrer et reste au service de la France . Il commande successivement plusieurs bâtiments : Duquesne, Wattignies, Cornélie, Argonaute.

    Expédition de Saint‑Domingue (1801)

  • Il prend Port‑de‑Paix à la tête d’une division navale .

    Affaire des brûlots de l’île d’Aix (11‑12 avril 1809)

    Épisode célèbre : Gourdon parvient à sauver son vaisseau Le Foudroyant et le Cassard lors de l’attaque anglaise aux brûlots . C’est l’un de ses faits d’armes les plus connus

    Défense de l’Escaut (1811‑1814)

    Chargé de défendre l’entrée du fleuve contre les Anglais, puis de la défense d’Anvers en 1814

    La Restauration : un haut commandement

    Après 1815, Gourdon se rallie aux Bourbons. Il devient successivement :

    • Préfet maritime de Rochefort (1815)

    • Commandant de la Marine à Brest (1816‑1826)

    • Vice‑amiral (1822)

    • Membre du Conseil d’Amirauté (1822)

    • Directeur général du Dépôt des cartes et plans de la Marine (1829

      Décorations

      Gourdon est l’un des officiers les plus décorés de son époque :

      • Légion d’honneur : chevalier (1804), officier (1804), commandeur (1814), grand officier (1820)

      • Ordre Royal et Militaire de Saint‑Louis : chevalier (1814), commandeur (1816), grand‑croix

        Vie privée

        Il épouse Antoinette Rosalie Gauné de Cazau et a notamment un fils, Joseph Adolphe de Gourdon, futur officier de marine (promotion 1811) .

        Mort et sépulture

        Antoine‑Louis de Gourdon meurt à Paris le 28 juin 1833, à 67 ans . Il est inhumé au cimetière du Père‑Lachaise, 39ᵉ division, 2ᵉ ligne, n°32

    • Pierre‑Jean‑Marie Le Gall‑Kerven

      Lieutenant de vaisseau de la Marine du Consulat et de l’Empire

      (actif entre 1790 et 1810 environ)

      Origines et formation

      Pierre‑Jean‑Marie Le Gall‑Kerven appartient à une famille bretonne de tradition maritime, probablement originaire du Finistère (le toponyme Kerven est typique de la région de Carhaix–Châteaulin). Il entre dans la Marine royale à la fin du XVIIIᵉ siècle, puis poursuit sa carrière sous la Révolution et le Consulat, ce qui implique qu’il a accepté de servir la France révolutionnaire, contrairement à de nombreux officiers nobles.

      Carrière sous la Révolution

      Durant les années 1793–1799, Le Gall‑Kerven sert dans l’état‑major de la Marine, où il occupe des fonctions administratives et opérationnelles. Il est adjudant à l’État‑major général de la Marine, poste réservé à des officiers compétents en organisation, discipline et transmissions.

      Ce rôle montre qu’il était considéré comme un officier fiable, capable de travailler au cœur du commandement naval.

      Le Consulat : affectation sur Le Jupiter

      Ton document daté du 15 floréal an XII (5 mai 1804) est une pièce capitale pour sa biographie.

      Ordre signé par le contre‑amiral François‑Joseph de Précurt de Bouvet

      Le Gall‑Kerven reçoit l’ordre :

      • de cesser ses fonctions d’adjudant à l’État‑major général,

      • de s’embarquer sur le vaisseau de ligne Le Jupiter,

      • commandé par le capitaine de vaisseau Bergevin,

      • our y remplir les fonctions de son grade : lieutenant de vaisseau.

      • Cette mutation est typique de la réorganisation de la Marine par Bonaparte : les officiers d’état‑major sont renvoyés en mer pour renforcer les équipages des grands vaisseaux.

        Le vaisseau Le Jupiter

        Navire de ligne de 74 canons, type le plus répandu dans la Marine française.

        En 1804, Le Jupiter fait partie des forces navales de Brest, engagées dans la préparation de la flotte d’invasion contre l’Angleterre.

        Servir sur un 74 canons est un signe de confiance : seuls les officiers solides et expérimentés y sont affectés.

        Profil de carrière

      • Même si les archives disponibles ne donnent pas encore son parcours complet, ton document permet d’établir plusieurs certitudes :

        • Officier actif sous la Révolution et le Consulat.

        • Affecté à un grand vaisseau de ligne en 1804.

        • Confiance du contre‑amiral Bouvet, figure majeure de la Marine impériale.

        • Probablement engagé dans les opérations de la flotte de Brest (1804–1805).

        Il est très probable — par déduction historique — que Le Gall‑Kerven ait participé aux mouvements de la flotte de Brest sous Villaret‑Joyeuse, puis aux opérations préparatoires à la campagne de Trafalgar.

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