Ministère de la Marine et des Colonies
Lettre du contre‑amiral comte d’Anglemont, directeur du personnel
Paris, 7 juin 1823 – Affectation d’un élève sur corvette d’instruction
Prix conseillé : 140–160 euros
Belle lettre administrative émanant du Ministère de la Marine et des Colonies, datée de Paris, le 7 juin 1823, adressée à Monsieur Duboulier de Kerorguen, à Hennebont.
Elle est signée par le contre‑amiral, comte d’Anglemont, alors directeur du personnel, un poste très élevé dans la hiérarchie maritime.
Contenu du document
Le contre‑amiral répond à une demande d’embarquement pour le plus jeune fils du correspondant, qui souhaitait le voir embarqué sur la frégate La Vénus.
Il explique que :
il aurait volontiers appuyé la demande,
mais que Son Excellence (le ministre) a décidé que les élèves sortant du Collège Royal de la Marine feront leur première campagne sur une corvette d’instruction,
cette mesure est jugée très avantageuse pour accélérer leurs progrès nautiques.
Le contre‑amiral ajoute :
qu’il ne perdra pas le jeune homme de vue,
qu’il saisira les occasions de lui témoigner l’intérêt qu’il porte à la famille ce qui montre une relation de faveur, typique des réseaux de recommandation dans la Marine royale.
Intérêt historique
Pièce idéale pour collectionneur spécialisé dans :
Marine royale sous la Restauration,
formation des officiers,
corvettes d’instruction,
frégates de premier rang,
administration maritime,
correspondances de hauts officiers (contre‑amiral).
Cette lettre montre clairement :
le fonctionnement interne de la Marine,
les règles d’embarquement des élèves,
la distinction entre frégates (navires de guerre) et corvettes d’instruction (navires-écoles),
les réseaux de patronage entre familles et officiers supérieurs.
C’est une pièce plus rare que les simples congés ou certificats : elle touche à la formation des futurs officiers, un thème très recherché.
État et présentation
Lettre manuscrite, encre brune, écriture nette. Document lisible, complet, idéal pour une collection de marine, écoles navales, ou administration royale.
Prix de vente conseillé
140–160 euros, en raison de la signature d’un contre‑amiral directeur du personnel, ce qui ajoute une valeur notable.librairie maritime,la marine apres la chute de l Empire,librairie marine
Les réseaux de patronage entre familles et officiers supérieurs
Le moteur invisible de la carrière navale (XVIIIᵉ–XIXᵉ siècle)
Dans la Marine royale, puis dans la Marine de la Restauration, les carrières ne dépendaient pas uniquement du mérite. Elles dépendaient aussi — et souvent surtout — de relations personnelles, de recommandations, et de protections accordées par des officiers supérieurs ou des ministres.On appelle cela le patronage.
Pourquoi le “piston” était indispensable dans la Marine royale ?
Parce que :
les places étaient limitées,
les écoles étaient sélectives,
les embarquements dépendaient des officiers supérieurs,
les promotions dépendaient du ministre,
les familles nobles ou influentes avaient priorité,les jeunes sans réseau pouvaient attendre des années.
👉 Sans patronage, un jeune homme restait simple volontaire. 👉 Avec patronage, il devenait élève, puis officier.
Le contre‑amiral d’Anglemont écrit :
qu’il ne perdra pas le jeune homme de vue,
qu’il saisira les occasions,
qu’il porte un intérêt à toute la famille,
qu’il interviendra pour son embarquement.
C’est du piston pur, mais version 1823 : courtois, codifié, élégant, et parfaitement assumé

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