Justin‑Bonaventure Morard de Galles (1741–1809)
Vice‑amiral, commandant de la flotte de Brest, figure majeure de la Marine révolutionnaire et consulaire
Origines et débuts dans la Marine royale
Né à Véretz (Indre‑et‑Loire) le 27 avril 1741, Morard de Galles entre dans la Marine royale en 1757, en pleine guerre de Sept Ans. Il sert d’abord dans les Antilles, puis dans l’escadre de d’Estaing, où il participe à plusieurs opérations contre les Britanniques.
Dès ses débuts, il se distingue par une grande énergie, une discipline rigoureuse et un courage physique qui marqueront toute sa carrière
La guerre d’Indépendance américaine : la gloire et les blessures
Morard de Galles joue un rôle important dans la guerre d’Amérique :
Il combat à Grenade (1779), où il est gravement blessé.
Il participe à la campagne de Savannah.
Il sert sous d’Estaing, puis sous Guichen, dans les grandes opérations navales de l’Atlantique et des Antilles.
Ses blessures, nombreuses et sérieuses, laisseront des séquelles durables. Mais elles contribuent aussi à sa réputation de marin héroïque, respecté de ses équipages.
Ascension sous la Révolution
En 1792, il est promu contre‑amiral, puis vice‑amiral en 1793. La Révolution, qui a décimé le corps des officiers par les démissions et les émigrations, a besoin de chefs expérimentés : Morard de Galles devient l’un des piliers de la Marine républicaine.
Commandant de la flotte de Brest
Il succède à Villaret‑Joyeuse au commandement de la grande flotte de Brest. C’est à ce poste qu’il se trouve au moment de la préparation de la grande expédition d’Irlande
(1796) voulue par Hoche.
Tu connais bien ce contexte : dans l’an V, Morard est au cœur des tensions entre Hoche, Villaret, Truguet et Latouche‑Tréville. Affaibli par ses blessures anciennes, il n’est plus l’homme des grandes campagnes océaniques, mais il reste un chef solide, respecté et loyal.
L’expédition d’Irlande (1796)
Morard de Galles commande la partie navale de l’expédition. La flotte appareille en décembre 1796, mais la campagne est un désastre météorologique :
tempêtes, dispersion, pertes de bâtiments. Morard lui‑même manque de peu de périr.
Cette expédition manquée marque la fin de sa carrière active en mer.
Commandements sous le Directoire et le Consulat
Après 1796, Morard de Galles occupe plusieurs postes importants :
Commandant du port de Brest,
Inspecteur général des ports et arsenaux,
Membre du Conseil des travaux,
Conseiller d’État sous le Consulat.
Napoléon, qui apprécie les officiers de valeur issus de la Révolution, le fait commandeur de la Légion d’honneur.
Fin de vie et décès
Morard de Galles meurt à Paris le 24 juillet 1809, à 68 ans. Il laisse l’image d’un marin courageux, d’un chef loyal, et d’un serviteur de l’État ayant traversé sans rupture l’Ancien Régime, la Révolution et le Consulat.
Lettre signée Morard de Galles – Brest, 13 fructidor an VII (30 août 1799)
Correspondance militaire – Marine du Directoire – Contre‑amiral Renaudin
Document authentique daté Brest, 13 fructidor an 7, en-tête « Liberté, Égalité », signé par Morard de Galles, l’un des plus importants officiers de marine de la Révolution et du Consulat, ancien commandant de l’escadre de Brest et futur pair de France.
Contenu : justice militaire, discipline navale et situation stratégique en 1799
Cette lettre est adressée au contre‑amiral Renaudin, alors en poste à Toulon. Elle traite de plusieurs points essentiels de la vie militaire sous le Directoire :
Transmission du jugement du premier conseil de guerre : condamnation à huit ans de fers du canonnier Charles‑Joseph Pechenet, reconnu coupable de vol avec effraction, et évadé le jour même de l’exécution du jugement.
Ordre de publicité du jugement, montrant l’importance de la discipline dans la Marine révolutionnaire.
Envoi d’un certificat d’échange signé par le chef de division Emeriau, futur vice‑amiral.
Informations stratégiques sur les mouvements des amiraux Mazarrédo et Bruix, signalés par télégraphe : passages à Poutordon et Dinan, la route de Rennes étant infestée par les Chouans, rappelant la violence de la guerre civile bretonne en 1799.
Intérêt historique
Ce document réunit plusieurs thèmes recherchés par les collectionneurs :
Marine révolutionnaire et discipline militaire.
Correspondance entre hauts gradés : Morard de Galles, Renaudin, Emeriau, Bruix, Mazarrédo.
Mention directe des Chouans, élément rare dans les lettres navales.
Usage du télégraphe aérien (Chappe), technologie stratégique du Directoire.
Contexte de la guerre maritime contre l’Angleterre et des troubles internes en Bretagne.
État et présentation
Lettre manuscrite d’époque, encre brune, belle écriture administrative, en-tête républicain. Pièce solide, lisible, idéale pour collectionneur, historien ou marchand spécialisé.
Prix de vente conseilléPrix : 240 € (Très cohérent pour une lettre signée d’un officier de premier plan, avec contenu militaire et politique riche.)librairie-maritime,librairie-marine
Né en 1741, mort en 1809.
Officier de la Marine royale, héros de la guerre d’Amérique.
Gravement blessé à Grenade (1779).
Vice‑amiral en 1793.
Commandant de la flotte de Brest.
Chef naval de l’expédition d’Irlande (1796).
Inspecteur général des ports, conseiller d’État.
Commandeur de la Légion d’honneur.


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