Jean‑André Antoine Moltedo (1751–1829)
Représentant du peuple, conventionnel corse, modéré, administrateur impérial
Né le 14 août 1751 à Vico, en Corse (alors République de Gênes), et mort le 29 août 1829 dans la même commune, Jean‑André Antoine Moltedo est une figure politique corse qui traverse toute la Révolution française, du début des assemblées départementales jusqu’aux fonctions administratives sous l’Empire.
Origines et formation religieuse
Issu d’une ancienne famille corse dite dal Mortao, dont les formes Moltedo / Multedo apparaissent dans les actes, il entre d’abord dans les ordres :
Chanoine,
Vicaire général, avant de rejoindre l’administration civile en 1791 comme membre de l’administration du département de la Corse.
Cette double formation — ecclésiastique et administrative — explique son aisance dans les débats politiques de la période révolutionnaire.
Député à la Convention nationale (1792–1795)
Élu le 20 septembre 1792 député de la Corse à la Convention nationale, il siège parmi les modérés.
Vote sur Louis XVI
Moltedo vote pour la réclusion du roi, position typique des conventionnels modérés corses, soucieux d’éviter les extrêmes.
Défense des Corses fidèles à la République
Il intervient pour défendre les Corses ayant quitté l’île afin d’échapper à la domination britannique (1794–1796), demandant pour eux les rations et soldes accordées aux défenseurs de la République.
Rivalité avec Pozzo di BorgoEn 1796, lors d’une assemblée séparatiste à Corte, Charles‑André Pozzo di Borgo tente de faire révoquer son mandat. Cette opposition s’inscrit dans une haine héréditaire entre les deux familles, encore mentionnée dans les sources contemporaines.
Membre du Conseil des Cinq‑Cents (1795–1798)
Réélu au Conseil des Cinq‑Cents le 22 vendémiaire an IV, Moltedo poursuit son action modérée, toujours centré sur la défense des intérêts corses et la stabilisation administrative.
Il quitte la vie parlementaire en l’an VI.
Carrière sous le Consulat et l’Empire
Après la période révolutionnaire, Moltedo poursuit une carrière administrative :
Consul de France à Rhodes,
Directeur des droits réunis dans les Alpes‑Maritimes (5 germinal an XII / 1804),
Conseiller à la cour impériale d’Ajaccio.
Ces fonctions montrent la confiance que lui accorde le pouvoir central, malgré les tensions politiques corses.
Fin de vie
Il meurt à Vico en 1829, à 78 ans, après une longue carrière politique et administrative.
Lettre du représentant du peuple Moltedo au Comité de Salut publicPort‑de‑la‑Montagne (Toulon), 20 germinal an II (9 avril 1794)Copie manuscrite – Situation militaire, troubles ouvriers, menace d’escadre ennemie, expédition de Corse.
Importante copie de lettre adressée par le représentant du peuple Jean‑André Antoine Moltedo aux membres du Comité de Salut public, datée du 20 germinal an II, en pleine période révolutionnaire. Document typique des correspondances de surveillance politique : ton alarmé, vigilance extrême, crainte de trahisons, et rapports directs sur la situation du port militaire de La Montagne (Toulon).
Moltedo annonce qu’une escadre de onze vaisseaux et quatre frégates, aperçue venant de l’ouest et cinglant vers l’est, est probablement espagnole. Cette apparition remet en cause la sortie prévue de l’escadre française, initialement fixée au 22
germinal.
Il décrit ensuite une atmosphère de mécontentement, de rassemblements à l’Arsenal, de plaintes d’ouvriers, et de signes de conspiration dans le département. Les troubles, attisés par des « bruits sourds », semblent liés à la faiblesse des effectifs : officiellement 4 000 hommes, mais seulement 2 000 effectifs réels, les troupes ayant été prélevées pour l’armée d’Italie.
Moltedo explique être intervenu personnellement à l’Arsenal, où les rassemblements ont cessé. Il ordonne une épuration stricte de tout élément non patriote, « surtout parmi les maîtres », afin de sécuriser les ateliers et les opérations navales.
Il évoque ensuite l’expédition de Corse, qui peut être déclenchée « d’un jour à l’autre ». Sa mission, limitée au ravitaillement de la Corse, serait alors terminée ; il rejoindrait son poste à la Convention, sauf nécessité de rester. Moltedo insiste sur un point crucial : le département du Var et le port de La Montagne ne peuvent pas rester sans représentant du peuple, les autorités locales n’étant pas encore épurées.
Lettre de 3 pages et demie, signée Moltedo, conventionnel corse (1751‑1829).
Intérêt historique
Document typique de la surveillance révolutionnaire : soupçons de trahison, épuration, contrôle des arsenaux.
Mention d’une escadre ennemie en vue de Toulon, contexte naval très tendu.
Témoignage direct sur les troubles ouvriers, les rassemblements, et la peur d’une
conspiration locale.
Pièce liée à Jean‑André Antoine Moltedo, conventionnel corse, acteur politique majeur de la période.
Document révélateur du fonctionnement du Comité de Salut public et des représentants en mission.
Rare témoignage sur la préparation de l’expédition de Corse.
Support
Copie manuscrite d’époque, 3 pages et demie, complète, au ton politique marqué, typique des correspondances révolutionnaires.
Prix de vente : 160 euros la marine durant la periode de la Revolution
Né en 1751 à Vico, mort en 1829.
Chanoine puis vicaire général avant 1789.
Administrateur départemental en 1791.
Député à la Convention (modéré), vote la réclusion de Louis XVI.
Défenseur des Corses fidèles à la République.
Rivalité politique avec Pozzo di Borgo.
Député au Conseil des Cinq‑Cents (1795–1798).
Consul à Rhodes, directeur des droits réunis, conseiller impérial à Ajaccio

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