Lettre du représentant du peuple Moltedo au Comité de Salut publicPort‑de‑la‑Montagne (Toulon), 20 germinal an II (9 avril 1794)Copie manuscrite – Situation militaire, troubles ouvriers, menace d’escadre ennemie, expédition de Corse.
Importante copie de lettre adressée par le représentant du peuple Jean‑André Antoine Moltedo aux membres du Comité de Salut public, datée du 20 germinal an II, en pleine période révolutionnaire. Document typique des correspondances de surveillance politique : ton alarmé, vigilance extrême, crainte de trahisons, et rapports directs sur la situation du port militaire de La Montagne (Toulon).
Moltedo annonce qu’une escadre de onze vaisseaux et quatre frégates, aperçue venant de l’ouest et cinglant vers l’est, est probablement espagnole. Cette apparition remet en cause la sortie prévue de l’escadre française, initialement fixée au 22
germinal.
Il décrit ensuite une atmosphère de mécontentement, de rassemblements à l’Arsenal, de plaintes d’ouvriers, et de signes de conspiration dans le département. Les troubles, attisés par des « bruits sourds », semblent liés à la faiblesse des effectifs : officiellement 4 000 hommes, mais seulement 2 000 effectifs réels, les troupes ayant été prélevées pour l’armée d’Italie.
Moltedo explique être intervenu personnellement à l’Arsenal, où les rassemblements ont cessé. Il ordonne une épuration stricte de tout élément non patriote, « surtout parmi les maîtres », afin de sécuriser les ateliers et les opérations navales.
Il évoque ensuite l’expédition de Corse, qui peut être déclenchée « d’un jour à l’autre ». Sa mission, limitée au ravitaillement de la Corse, serait alors terminée ; il rejoindrait son poste à la Convention, sauf nécessité de rester. Moltedo insiste sur un point crucial : le département du Var et le port de La Montagne ne peuvent pas rester sans représentant du peuple, les autorités locales n’étant pas encore épurées.
Lettre de 3 pages et demie, signée Moltedo, conventionnel corse (1751‑1829).
Intérêt historique
Document typique de la surveillance révolutionnaire : soupçons de trahison, épuration, contrôle des arsenaux.
Mention d’une escadre ennemie en vue de Toulon, contexte naval très tendu.
Témoignage direct sur les troubles ouvriers, les rassemblements, et la peur d’une
conspiration locale.
Pièce liée à Jean‑André Antoine Moltedo, conventionnel corse, acteur politique majeur de la période.
Document révélateur du fonctionnement du Comité de Salut public et des représentants en mission.
Rare témoignage sur la préparation de l’expédition de Corse.
Support
Copie manuscrite d’époque, 3 pages et demie, complète, au ton politique marqué, typique des correspondances révolutionnaires.
Prix de vente : 160 euros la marine durant la periode de la Revolution

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