Autorisation d’absence – Marine Royale, Port de Toulon
1er mars 1829 – Lieutenant de vaisseau Ravez
Prix conseillé pour les deux documents : 120 à 140 euros
Présentation
Deux documents administratifs émanant de la Marine Royale, délivrés au port de Toulon, et relatifs à la situation du lieutenant de vaisseau Pierre‑Joseph‑Marie‑Thérèse‑Paul‑Émile Ravez.
Ces pièces concernent :
L’autorisation d’absence de trois mois, avec jouissance des deux tiers des appointements, conformément à la dépêche ministérielle du 7 janvier 1829.
L’interdiction faite aux officiers en congé de se rendre à Paris, sauf ordre spécial du ministère, selon la dépêche du 26 janvier 1829.
Documents typiques de la gestion du personnel naval sous la Restauration, rares sur le marché car souvent conservés dans les archives des familles d’officiers.
Contenu des documents
Mention de la majorité générale du port de Toulon, autorité administrative chargée du personnel.
Application stricte des dépêches ministérielles (7 et 26 janvier 1829).
Autorisation pour le lieutenant Ravez de s’absenter trois mois, avec maintien partiel de solde.
Rappel disciplinaire : interdiction de se rendre à Paris sans ordre du ministère.
Formules administratives d’usage, date, lieu, signatures.
Pièces lisibles, cohérentes, représentatives du fonctionnement interne de la Marine royale.
Intérêt historique
Documents révélant la discipline administrative et le contrôle des déplacements des officiers.
Témoignage direct de la gestion du personnel naval au port de Toulon, principal arsenal français.
Présence d’un officier identifiable : Ravez, lieutenant de vaisseau.
Parfait pour une collection de documents de la Restauration, de carrières d’officiers, ou d’archives du ministère de la Marine.
État
Manuscrits administratifs d’époque, encre brune, écriture nette. Deux pièces homogènes, propres, prêtes à être présentées ou encadrées.
Prix conseillé pour l’ensemble
120 à 140 euros librairie maritime,la marine apres la chute de l Empire,librairie marine
Pourquoi les officiers en congé n’avaient pas le droit d’aller à Paris en 1829 ?
(Sauf ordre spécial du ministère)
Plusieurs raisons se combinent, toutes liées au fonctionnement de la Marine sous la Restauration :
1. Éviter les “congés déguisés” à Paris
Paris était le centre administratif, politique et mondain. Beaucoup d’officiers cherchaient à s’y rendre pour :
solliciter des avancements,
obtenir des protections,
influencer leur carrière,
régler des affaires personnelles.
Le ministère voulait empêcher que les congés deviennent des séjours prolongés dans la capitale, loin du port d’attache.
2. Maintenir les officiers proches de leur port
Un officier en congé devait rester disponible pour :
un rappel urgent,
un changement d’affectation,
un embarquement imprévu,
une inspection.
S’il était à Paris, il devenait injoignable et indisponible pour le service.
3. Limiter les dépenses et les abus
Paris était cher. Les officiers en congé touchaient souvent une solde réduite (comme les 2/3 dans document). Le ministère voulait éviter que les officiers :
s’endettent,
sollicitent des aides,
se retrouvent dans des situations compromettantes.
4. Contrôler la discipline et l’image du corps naval
La Marine Royale tenait à une discipline stricte. Un officier en congé à Paris pouvait :
fréquenter des cercles politiques,
s’exposer à des intrigues,
s’éloigner du cadre militaire.
Le ministère voulait éviter toute politisation ou mondanisation excessive des officiers.
5. Paris = centre du pouvoir → déplacements surveillés
Tout officier se rendant à Paris devait être explicitement autorisé, car cela signifiait :
une démarche officielle,
une audience,
une requête administrative,
une mission.
Le ministère voulait contrôler chaque présence d’un officier dans la capitale.
Conclusion
L’interdiction n’était pas punitive : elle était administrative, disciplinaire et stratégique. Elle visait à garder les officiers :
près de leur port,
disponibles,
sous contrôle,
à l’écart des influences parisiennes.
C’est une mention rare et très intéressante dans un document de 1829 : elle montre la rigueur de la Marine Royale dans la gestion de ses officiers.
⚓ La carrière du lieutenant de vaisseau Ravez
Un parcours d’officier entre discipline, apprentissage et service du Roi
⚓ Les débuts : une vocation encouragée mais encadrée
Comme beaucoup de jeunes gens issus de familles désireuses de voir leur fils embrasser la carrière maritime, Ravez est d’abord présenté au Ministère de la Marine et des Colonies. Le ministre — le comte Molé — répond au père du jeune homme avec bienveillance, mais rappelle les règles : l’admission au Collège royal de la Marine est réservée aux candidats remplissant strictement les conditions d’âge et de formation.Ravez, trop âgé pour entrer comme élève de 1ʳᵉ classe, ne peut donc suivre la voie académique classique.
Mais son dossier est jugé sérieux, et son zèle pour le service du Roi est reconnu.
👉 Le ministre l’inscrit alors sur la liste des jeunes gens autorisés à être embarqués comme volontaires, une voie parallèle mais parfaitement officielle pour entrer dans la Marine.
⚓ L’embarquement : Brest, Rochefort ou Toulon
Le jeune Ravez reçoit une lettre de nomination, véritable sésame pour débuter sa carrière. Il peut être dirigé vers l’un des trois grands ports militaires :
Brest, centre majeur de formation et de départ des escadres
Rochefort, port technique et administratif
Toulon, base méditerranéenne et point de départ des campagnes lointaines
Dans chacun de ces ports, le commandant de la Marine reçoit les jeunes volontaires, les inscrit sur les rôles, et les affecte au premier bâtiment en partance.Pour Ravez, c’est le début de la vie embarquée :
quarts, manœuvres, discipline, apprentissage des signaux, artillerie, navigation, tenue des cahiers et rapports.
⚓ La progression : du volontaire au lieutenant de vaisseau
La carrière d’un officier à cette époque repose sur
- Le lieutenant de vaisseau Ravez appartient à cette génération d’officiers formés dans la Marine royale puis dans la Marine de la Restauration, à une époque où l’entrée dans le corps naval obéit à des règles strictes, à l’ancienneté, et à une discipline rigoureuse. Sa carrière s’inscrit dans ce cadre : un mélange de formation théorique, de service embarqué, et de progression par mérite.
l’ancienneté,
la conduite,
les campagnes effectuées,
les appréciations des commandants,
la capacité à encadrer les hommes.
direction des manœuvres,
surveillance de la navigation,
encadrement des quartiers‑maîtres,
responsabilités techniques (artillerie, transmissions, signaux),
rédaction des rapports et journaux de bord C’est le grade des officiers confirmés, ceux qui assurent la continuité du service et la discipline du bord.
⚓ Un officier de son temps
La carrière du lieutenant de vaisseau Ravez illustre parfaitement la réalité de la Marine de la
une institution exigeante,
un recrutement strict,
des voies parallèles pour les candidats méritants,
un apprentissage par la pratique,
une progression fondée sur la conduite et le service.
Ravez suit ce chemin. Volontaire, puis aspirant, il gravit les échelons grâce à son sérieux et à son application. Les campagnes successives — parfois longues, parfois éprouvantes — forgent son expérience.
Devenu lieutenant de vaisseau, il occupe un rôle central à bord :
Ravez n’est pas un officier célèbre, mais il représente ces centaines d’hommes qui ont servi avec constance, loyauté et compétence, assurant la présence maritime du Royaume sur toutes les mers.

Aucun commentaire:
Enregistrer un commentaire